Les Unités familiales sont une grande
maison divisée en deux appartements. Chacun est géré par quatre assistantes
maternelles pour douze enfants environ. On en compte deux actuellement et deux
autres sont en cours de construction.
Ici, la majorité des enfants viennent
des sections de « La Pouponnière » la plupart du
temps. Effectivement, on constate que de plus en plus d’enfants de « La
Pouponnière » qui auraient dû retourner chez eux à un an, sont
orientés dans cette unité. Le dénuement des familles augmente et ces dernières
se retrouvent dans de grandes difficultés pour gérer des enfants en bas âge.
Quelquefois aussi, ils peuvent être
confiés par l’AEMO au titre de la protection de l’enfance par « Vivre
Ensemble Madésahel », les services sociaux et exceptionnellement
les familles.
Les raisons du placement sont
généralement les mêmes qu’aux sections de « La Pouponnière »,
mais ces enfants-là ne bénéficient pas de la possibilité d’être réintégrés dans
leur famille. Bien souvent, les grand-mères des enfants sont obligées d’élever
les frères et sœurs, en même temps qu’elles essayent de gérer, comme elles le
peuvent, la maladie mentale de la maman, sans soins psychiatriques, sans
contraception. Epuisées par cette vie, elles finissent par renoncer à ramener
le énième petit frère ou petite sœur à la maison, et implorent « Vivre
Ensemble Madésahel » de s’en occuper pour les soulager.
D’autres enfants sont délaissés souvent,
abandonnés quelquefois ; aux prises avec des familles et des juges qui ne se
sont pas encore prononcés pour leur avenir.
Mères isolées au travail, incarcérées,
malades, inconnues… La situation de ces enfants est souvent douloureuse et nous
essayons d’améliorer un tout petit peu leur vie, dans un accueil plus
personnalisé que dans les sections de « La Pouponnière ». L’équipe
qui les élève est plus réduite et plus stable, ce qui leur permet malgré tout
de créer des liens affectueux et de repérer les adultes de référence.
La vie de cette structure, comme son nom
l’indique, ressemble davantage à la vie en famille. Sa petite taille offre aux
enfants une vie affective stable, de sorte qu’ils puissent créer des liens. Les
enfants les plus grands sont scolarisés. Les enfants sont « à la
maison » la journée et jouent, promènent dans le camp avec les adultes ;
les plus grands vont au jardin d’enfants (jeune version sénégalaise de l’école
maternelle). Le groupe part aussi en promenade, à la piscine… le plus souvent
possible et selon les moyens du bord. Certains partent en week-end chez leur
nounou préférée.
L’avenir de ces enfants, encore
incertain, reste aux mains de leurs familles et de la justice sénégalaise. Nous
ignorons encore le temps que passeront avec nous les enfants. C’est le juge des
enfants qui est habilité à prononcer leurs adoptions si leur situation s’y
prête.
En attendant, ils sont ici chez eux tant
qu’ils ne le seront pas ailleurs. Nous souhaitons à tous ces enfants de trouver
le plus tôt possible une vie familiale faite de reconnaissance, d’amour et de
respect mutuels.
Nous
savons avec l’expérience qu’un retour en famille ne doit pas se faire à
n’importe quel prix, car ce sera toujours l’enfant qui en fera les frais, à
travers la maltraitance, négligence, et autres « adoptions de particulier à
particulier ». Plus qu’aux sections de « La Pouponnière »
encore, les parrains et marraines des enfants comptent dans leur vie,
puisqu’ils représentent parfois les seules personnes extérieures à se
préoccuper de leur sort, à se souvenir d’eux et à constater qu’ils grandissent.
