Nos supports pédagogiques :

Chaque
après-midi, les jeunes participent à des cours de renforcement (maths, français
et anglais), donnés par l’équipe éducative et quelques enseignants, en fonction
de leur niveau scolaire. C’est une manière de se réconcilier un peu avec
l’école, de ne pas perdre la main et de reprendre parfois, dans un cadre
privilégié, des bases qui avaient été mal assimilées.
Au
cours de cette période, ils se revalorisent au travers de stages et de projets
humanitaires, ce qui leur permet de découvrir de très près la vie de la
population et de contribuer avec leur implication à améliorer un peu les
conditions de vie. Les chantiers humanitaires / sociaux naissent des demandes
d’une population défavorisée, formulées à l’assistant social responsable de
l’action sociale. Après une visite sur place d'une petite délégation
(constituée de jeunes, d'un éducateur, de moniteurs et de l'assistant social),
ce sont les jeunes qui vont dresser l’état des besoins de la famille, en terme
de construction ou de reconstruction, d'aménagements ou d'assainissement.
Dans la brousse :

La
vie des chantiers est la principale activité des jeunes à l'extérieur du camp
avec les sorties de week-end. C'est donc l'angle de vue privilégié qu'ils
peuvent avoir sur le Sénégal (et que le Sénégal peut avoir sur eux). Les jeunes
sont impliqués dès le début de chaque projet. Ils sont confrontés à des
situations sociales d'un grand dénuement, qu'ils voient eux-mêmes, et ils vont
participer par leur travail à améliorer un tant soit peu ces conditions de vie
humaine. Inévitablement, ces vies incitent à une relativisation qui participe
autant à leur remise en question qu'à leur investissement.
Par
ailleurs, les chantiers permettent aux jeunes de faire avec les moniteurs, ils
partagent le travail avec rigueur mais aussi avec solidarité. Ils les aident à
évacuer l'énergie qui, avant le séjour, partait plutôt dans la violence
(verbale ou physique), l’hyperactivité ou la destruction de soi. Ce travail
donne une orientation positive et productive à cette dépense, compensée par des
après-midi plus calmes. Cette énergie va leur permettre de sentir leur capacité
de travail, leur endurance, leur efficacité. Ils vont apprendre les gestes du
travail et des techniques
De
retour des chantiers, la fatigue et la saleté vont être l'occasion de se faire
propre et de se restaurer. Face à la difficulté physique du travail manuel,
certains jeunes vont vouloir retourner à l’école, conscients de son importance
pour préparer un avenir moins pénible. D'autres, au contraire, très à l'aise
dans ce genre de travaux, vont s'appuyer sur cette expérience pour trouver leur
orientation professionnelle future. Dans tous les cas et quel que soit le
plaisir éprouvé au travail, les jeunes sortent tous très fiers de leurs
réalisations. Elles les aident à prendre confiance en eux et à se sentir
utiles. Cette implication, malgré leurs plaintes, est très positive pour eux.
A la Pouponnière :

La Pouponnière est
un lieu d’accueil temporaire du tout petit enfant privé de sa maman. Elle
permet aux orphelins et aux enfants dont la famille ne peut pas s’occuper, de
vivre dans un milieu protégé, la première année de leur vie où leur existence
est si fragile. Elle permet d’apporter une aide concrète aux populations
locales. Le Séjour de rupture participent à son fonctionnement, en accord
avec les Conseils généraux qui placent les jeunes et financent leur prix de
journée, environ 13% de celui-ci sont versés à l’action sociale de la
Pouponnière.
Elle
a pour double avantage de constituer un terrain de stage pour les jeunes,
construit autour d’une aide humanitaire et donc d’une grande richesse humaine.
La
Pouponnière, qui accueille près de deux cents enfants, est un support important
pour nous. Chaque jeune la côtoie au quotidien parce ses locaux sont voisins et
aussi par le biais d'un stage obligatoire en fin de séjour. Le jeune y est
accompagné par un moniteur chaque matinée pendant au moins un mois. S’il le
souhaite, et si ça ne présente pas de risques particuliers, son stage de fin de
séjour peut se dérouler intégralement à la Pouponnière. Ce lieu confronte les
jeunes à leurs propres souvenirs d’enfance.
Parfois,
c’est là que le jeune prend conscience qu'il vivait de bonnes choses en
famille. C'est souvent la possibilité de parler de sa vie familiale, de ce
qu'il en a rêvé, de ce qu'elle aurait pu être dans son pays de naissance...
C’est aussi l’occasion pour certains d’apprendre à avoir moins peur du jour où
eux-mêmes deviendront parents et de se rendre compte qu’ils sont capables de
donner de l’attention, de la douceur et de l’amour. Peu importe si les jeunes
avaient ou non, avant de venir, de l’expérience avec les bébés, peu importe
qu’ils soient garçons ou filles, ils sortent tous grandis de cette expérience
où ils prennent la vie dans leurs mains.