A SAVOIR : L’accueil est gratuit et couvre tous les besoins de l’enfant. En revanche, nous demandons aux familles de s’engager à venir voir régulièrement leurs enfants et nous les incitons à les emmener en week-end à partir de l’âge de huit mois.

LES BEBES DE ZERO A UN AN (La Pouponnière)


Pour la plupart, les enfants accueillis à la pouponnière sont orphelins de mère. Quelquefois, la situation sociale de la maman vivante est trop précaire pour accueillir le (ou les !) nouveau-né dans de bonnes conditions et lui faire une place au moment même de sa naissance (mères incarcérées ou élèves, grossesses très précoces hors mariage, enfants du viol et autres rejets familiaux…). Ces mères prennent alors le temps de cette première année pour mieux préparer l’arrivée de l’enfant dans une vie familiale lourde de regards.

Les gens qui viennent nous rendre visite croient souvent que la Pouponnière est peuplée d’enfants abandonnés. Heureusement que tel n’est pas le cas. Mais malheureusement aussi, l’abandon est la réalité d’une minorité d’entre eux, depuis 2002, ils se comptent sur les doigts d’une main au sein de la pouponnière.

Quelle que soit la situation : mère décédée ou dans l’incapacité d’assurer les soins de son bébé (handicap, maladie, incarcération…) la survie de l’enfant isolé de sa maman est menacée.
Peu de personnes, même de bonne volonté, peuvent assurer la prise en charge d'un nourrisson dans ces conditions :

Superstitions et manques de moyens :
Peu de mères acceptent d’allaiter un bébé orphelin en même temps que leur enfant (superstitions, sous-alimentation et anémie des mères démunies). Pour sauver les enfants, les familles donnent souvent du lait de chèvre, lait en poudre classique ou de la bouillie de mil, avec les risques que cela représente.

Problèmes financiers :
Une boite de lait infantile coûte 2500 CFA (soit 3.75€). Jusqu’à quatre mois, un nourrisson peut en consommer dix par mois (soit 25 000 CFA) ce qui peut représenter deux mois de revenus pour un cultivateur modeste.

Problèmes sanitaires :
Eau pas toujours accessible et de qualité variable, difficultés à assurer la stérilité du matériel.

Manque de connaissances sur l’allaitement « artificiel » et préservation des pratiques traditionnelles, inadaptées à l’usage du biberon.

Poids des coutumes avec les enfants orphelins, handicapés ou issus de grossesses gémellaires.


L’UNITE FAMILIALE

Les unités familiales sont des appartements gérés chacun par trois assistantes maternelles pour huit enfants environ. On en compte deux actuellement et deux autres sont en cours de construction.

Les 16 enfants ont jusqu’à cinq ans et viennent de la Pouponnière la plupart du temps. Quelquefois aussi, ils peuvent être confiés par l’AEMO , les services sociaux et exceptionnellement les familles.

Les raisons du placement sont généralement les mêmes qu’à la pouponnière, mais ces enfants-là ne bénéficient pas de la possibilité d’être réintégrés dans leur famille.

Bien souvent, les grand-mères des enfants sont obligées d’élever les frères et sœurs, en même temps qu’elles essayent de gérer, comme elles le peuvent, la maladie mentale de la maman, sans soins psychiatriques, sans contraception. Epuisées par cette vie, elles finissent par renoncer à ramener le énième petit frère ou petite sœur à la maison, et implorent Vivre Ensemble Madesahel de s’en occuper pour les soulager.

D’autres enfants sont délaissés souvent, abandonnés quelquefois ; aux prises avec des familles et des juges qui ne se sont pas encore prononcés pour leur avenir.

Mères isolées au travail, incarcérées, malades, inconnues…la situation de ces enfants est souvent douloureuse et nous essayons d’améliorer un tout petit peu leur vie, dans un accueil plus personnalisé qu’à la pouponnière.
L’équipe qui les élève est plus réduite et plus stable, ce qui leur permet malgré tout de créer des liens affectueux et de repérer les adultes de référence.

Les enfants sont "à la maison" la journée et jouent, promènent dans le camp avec les adultes ; les plus grands vont au jardin d’enfants (jeune version sénégalaise de l’école maternelle). Le groupe part aussi en promenade, à la piscine…le plus souvent possible et selon les moyens du bord. Certains partent en week-end chez leur nounou préférée.

L’avenir de ces enfants, encore incertain, reste aux mains de leurs familles et de la justice sénégalaise. En attendant, ils sont ici chez eux tant qu’ils ne le seront pas ailleurs. Nous souhaitons à tous ces enfants de trouver le plus tôt possible une vie familiale faite de reconnaissance, d’amour et de respect mutuels.

Nous savons avec l’expérience qu’un retour en famille ne doit pas se faire à n’importe quel prix, car ce sera toujours l’enfant qui en fera les frais, à travers la maltraitance, négligence, et autres "adoptions de particulier à particulier".

Plus qu’à la Pouponnière encore, les parrains et marraines des enfants comptent dans leur vie, puisqu’ils représentent parfois les seules personnes extérieures à se préoccuper de leur sort, à se souvenir d’eux et à constater qu’ils grandissent.


GRANDE ENFANCE

Ce projet est destiné à des enfants de 3 à 10 ans en situation de danger ou de maltraitance, principalement suite à une période de vie dans la rue.
Ces enfants nous sont adressés par les services de l’AEMO du pays dans le cadre de notre agrément de tuteur judiciaire, en vue de les protéger et leur permettre de retrouver une vie et un statut d’enfant à part entière.

Les raisons qui poussent les enfants dans la rue sont principalement de deux ordres :
- fuite du domicile familial pour s’éloigner des maltraitances
- fuite de l’école Coranique où ils sont confiés par les parents puis quelquefois maltraités (par les plus grands, par le marabout)

Le but de la structure est de mettre l’enfant à l’abri des dangers de la rue, de le soigner, de lui permettre de se poser un peu dans un cadre social structuré et structurant, chaleureux, afin de trouver une porte de sortie à ses difficultés.

Cet accompagnement vise une reprise de contact avec la famille et si possible une restauration des liens affectifs, si l’éloignement est une des conséquences de la pauvreté.
Quand ce dernier est lié à un rejet familial, la prise en charge de l’enfant s’impose alors sur du long terme.

Trois cas de figure peuvent se présenter :
- rejet massif de l’enfant et déclaration d’abandon (rare)
- famille rejetante ou maltraitante sans abandon déclaré, où l’enfant ne veut pas retourner
- famille non identifiée

Pendant sa prise en charge, l’enfant peut rester dans le cadre de l’accueil collectif, sous couvert de Vivre Ensemble Madesahel, ou bien être placé en famille d’accueil, avec un suivi régulier de la structure.
Les enfants déjà placés depuis plusieurs mois en familles d’accueil sont scolarisés et mènent une vie constructive, où il est question d’avenir et d’affection.

Ceux qui leur succèderont seront accueillis dans les bâtiments en fin de construction sur l’extension de terrain accordée par la Mairie de Mbour.

Cette structure a été réalisée en partenariat avec la Croix Rouge Française et l’ADSEA-CEPS de Chelles (Seine et Marne), qui ont financé la construction du réfectoire et participé au chantier sur place avec un groupe de jeunes en réinsertion.


L’AIDE SANITAIRE AUX POPULATIONS (VOLET SOCIAL)

L’aide sanitaire regroupe diverses actions destinées aux populations nécessiteuses des quartiers, villages voisins.
Elles concernent, pour les personnes extérieures les plus démunies :
L’alimentation :
- aides alimentaires en denrées de base (riz – oignons –huile) aux personnes en grande détresse
- apports de lait infantile pour les enfants de femmes malades, au lait insuffisant ou à naissances multiples.

La santé :
- Pesées suivies des nourrissons et conseils en nutrition
- Campagnes de vaccinations
- Soins des petits bobos et fourniture en médicaments des personnes très nécessiteuses munies d’une ordonnance (selon possibilités de la pharmacie et du budget)
L’éducation : à travers des parrainages scolaires en période de rentrée des classes (inscriptions, fournitures scolaires)
Les chantiers humanitaires et les projets solidaires des jeunes français dans les villages de brousse ou dans le quartier.

Malheureusement, nos moyens ne nous permettent pas de faire de ces aides une réponse systématique à tous ceux qui en éprouvent l’urgence.

LES CONDITIONS D’ACCUEIL

Une des principales missions de la Pouponnière est de maintenir ou de créer un lien avec la famille qui pourra récupérer l’enfant après la période critique d’un an.

Lorsque les familles amènent les enfants, ceux-ci sont conduits chez le pédiatre pour une consultation, et les familles partent faire les déclarations de placement à la police, accompagnées d’un représentant de la pouponnière.

L’accueil est gratuit et couvre tous les besoins de l’enfant. En revanche, nous demandons aux familles de s’engager à venir voir régulièrement leurs enfants et nous les incitons à les emmener en week-end à partir de l’âge de huit mois.

Les enfants sont le plus souvent confiés à la pouponnière entre 0 et 2 mois, quelquefois nés prématurés, ou hypotrophiques. Ils sont répartis en 4 classes d’âges approximatives dépendant de la répartition des effectifs dans 4 pièces différentes.

Quand les enfants arrivent à la pouponnière avant leur septième jour de vie, les familles peuvent faire procéder à un baptême traditionnel et "sortir" le nom auprès du représentant religieux de leur choix puisqu’il n’est fait aucune distinction entre les enfants.

Dans cette structure, toute petite à ses débuts, tout le personnel est sénégalais.
Ainsi, malgré les conditions de vie collective, les enfants sont maintenus dans un "bain" culturel, linguistique, culinaire propre au Sénégal.

Après la sortie, la pouponnière établit un suivi de l’enfant pendant 2 ans, auquel les parrainages peuvent contribuer. Toutefois, de plus en plus de familles sont difficiles à suivre compte tenu de leur éloignement et de l’irrégularité de leurs visites (malgré la possibilité de remboursement de leur ticket de transport).